Editoriaux de la secrétaire académique
Un p’tit tour et puis s’en va.
(journal n°237 du 4 décembre 2025)
26 novembre 2025, le nouveau Ministre, Edouard Geffray s’est invité au Lycée Professionnel de Chasseneuil sur
Bonnieure pour sonder l’état d’un Lycée Professionnel rural et plus particulièrement son internat.
Une délégation du personnel était attendue avec le Ministre sur la vie de l’établissement. Membre du
Bureau Académique et représentante locale du SNETAA, Christelle Butraud a obtenu une seconde délégation
portant sur les grandes questions des lycées professionnels. Pourquoi le lycée professionnel de Chasseneuil ?
Pourquoi pas Bressuire ? A Léonard de Vinci, le Ministre aurait été aussi dans un établissement rural, mais
il aurait eu la chance de découvrir un internat dans lequel il pleut sur les lits.
C’est ce que le SNETAA a rappelé à Monsieur Nembrini en charge de l’Education à la Région, lors des assises
de la Voie Professionnelle. Il aurait ressenti la tension entre les enseignants et l’équipe de direction. S’il
était allé à la SEGPA du Collège Camus à La Rochelle, il aurait compris la difficulté de travailler sans Directeur
de SEGPA. S’il était venu au Lycée Professionnel Doriole, il aurait pu s’asseoir à la place de la Secrétaire de
Direction. Son poste est vacant depuis la mi-octobre et ne sera pas remplacé avant fin janvier, si tout va bien.
S’il avait poussé la porte d’une classe de CAP, il aurait saisi à quel point il est de plus en plus difficile d’amener
à l’examen des jeunes dont les profils, même avec l’aide d’AESH, ne conviennent pas à ceux que les professionnels
attendent d’un CAP. Il aurait compris que le Lycée Professionnel ne doit pas devenir un substitut d’IME. A chacun
ses fonctions, à chacun ses publics afin d’éviter une maltraitance institutionnelle à tous les niveaux.
Si le Ministre avait poussé l’expérience jusqu’à prendre le bus avec les jeunes, il aurait pleinement découvert
l’intérêt de ces établissements ruraux face à une mobilité que les élèves n’ont plus, eu égard à leur jeune âge.
La Région l’a dit, quand une activité professionnelle est répartie sur tout le territoire, il doit en être de même pour
les formations.
N’oublions pas ces paroles, en ces temps de carte scolaire et surtout n’hésitons pas à les réutiliser
lors des différents rendez-vous avec le Rectorat et la Région, du simple GT, en passant par l’audience au Recteur
ou à la Région, sans oublier le CSA qui vote la carte des formations, car l’idée générale n’est pas celle-ci.
Le Ministre aurait certainement pu alors comprendre la nécessité de ne pas recruter à minima les AED car ils
sont un lien précieux avec les élèves.
Enfin, s’il s’était présenté dans tous les Lycées Professionnels où sont implantés des BTS dont le rectorat
baisse la capacité d’accueil, il aurait découvert que les élèves décrocheurs sont moins nombreux quand le BTS est
implanté dans un lycée professionnel.
Mais nous sommes déjà le 4 décembre. Je prends conscience que je dois écrire un édito et pas ma lettre au père Noël.
Avec tous les adhérents, chaque jour sur le terrain, à force de faire entendre la voix du SNETAA dans les différentes
instances, d’avoir un maillage dans chaque établissement qui permet au SNETAA de clairement catégoriser les problématiques,
de les défendre et de ne rien lâcher, notre syndicat fait entendre ses mandats pour un lycée professionnel laïque, sous
statut scolaire.
Ce dont nous sommes certains c’est qu’avec nos actions et interventions à tous les niveaux, le SNETAA fera bouger
les lignes en faveur des personnels et des jeunes qui nous sont confiés.
Alors n’oubliez pas, adhérer au SNETAA, c’est défendre tous les personnels qui œuvrent chaque jour à la formation
du futur professionnel-citoyen de demain.
Bonnes vacances à tous et bonne année 2026 !
La Rochelle le 4 décembre 2025,
Bénédicte MOULIN, Secrétaire Académique SNETAA FO
M. le Ministre, employez les PLP seulement pour les taches pédagogiques en lien avec leur concours et
leur Statut Spécifique.
(journal n°236 du 3 novembre 2025)
Notre nouveau Ministre s’étonne comme ses prédécesseurs de la problématique du recrutement alors même que
l’inscription au concours est à Bac +3.
Peut-être aurait-il eu une réponse claire, si en ce lundi 3 novembre 2025, il s’était installé dans
la salle des professeurs d’un lycée professionnel. A la sonnerie, la salle se transforme en un
véritable open-space digne d’une entreprise de communication. Dix enseignants décrochent leur portable,
puisque le seul téléphone fixe de la salle est pris d’assaut. Les uns appelant des sociétés de logistiques,
les autres des commerces ou des EPHAD pendant que le dernier groupe appelle les familles car les jeunes
sans PFMP ne sont pas tous présents dans l’établissement afin de trouver in extremis la PFMP qui débutait
le matin même. La nouvelle casquette de l’enseignant, celle qui prend de plus en plus de place et que
personne n’évoque hormis la colère en salle des profs... c’est celle de l’administratif qui augmente
chaque jour. « Tu sais où est la touche pour imprimer les justificatifs de présence pour qu’ils soient payés ? »
« Je n’arrive pas à envoyer les conventions aux sociétés. Quelqu’un peut m’aider ? »
Mais le CAPLP est un concours disciplinaire. Chaque stagiaire suit une formation pédagogique et didactique.
Quand les collègues auraient-ils signé pour toute cette paperasse administrative ? Sans doute, quand les
conseillers en insertion ont disparu de l’environnement des lycées professionnels. Sans doute quand le
personnel administratif s’est raréfié dans les établissements et sans aucun doute quand le Ministère a fait
croire aux familles que l’inclusion permettait une parfaite prise en charge de tous ces jeunes à besoins
particuliers. PAP, PAI, PPRE, ESS : acronymes derrière lesquels se cachent des heures et des heures de
documents à remplir, de documents à modifier de suivis administratifs qui incombent aux équipes pédagogiques.
Les plus anciens d’entre nous n’ont plus envie. Les plus jeunes ne veulent pas de cette massification
administrative. Tous ont passé le concours pour être au plus près des élèves afin de leur inculquer un
savoir et de les faire avancer sur la voie du professionnel-citoyen, et non pour crouler sous les documents.
Sans compter qu’avec la disparition en marche des personnels médicaux rattachés aux établissements, ils
pourraient s’attendre à devenir, aussi en marge de leurs fonctions premières, des auxiliaires médicaux ?
Dans une interview à BFM, le Ministre s’est dit préoccupé par l’égalité entre tous les élèves, alors le
SNETAA n’oubliera pas de le rappeler au Recteur lors de son audience du 18 novembre avec sa fédération
la FNEC-FP FO. Pour qu’un PLP puisse remplir sa mission, il a besoin de plus de temps pédagogique et de
plus de moyens : augmentation du nombre de personnels administratifs, maintien des personnels de santé,
d’AESH avec un vrai statut et une véritable reconnaissance salariale, retour en zone prioritaire pour
les structures de la voie professionnelle sous statut scolaire afin de travailler convenablement à 24
élèves maximum par classe. Voilà des mandats du SNETAA qu’il nous faudra défendre lors de cette audience,
mais aussi dans tous nos échanges avec le Recteur. C’est pourquoi, nous avons besoin d’un SNETAA fort,
soutenu par ses adhérents.
Pour le premier syndicat de la voie professionnelle, les élections internes doivent être un moyen de
montrer à l’ensemble des organisations syndicales et au ministère, que les PLP sont soudés derrière
leur Secrétaire Général. Dès réception du matériel, n’oubliez pas : VOTEZ !
La Rochelle le 3 novembre 2025,
Bénédicte MOULIN, Secrétaire Académique SNETAA FO
L’Education Nationale marche-t-elle sur la tête ?
(journal n°235 du 1er septembre 2025)
Mercredi 27 août 14h30 : conférence de presse de la ministre de l’Education Nationale. Qui s’en soucie vraiment,
quand la situation politique fait que la Ministre est sur un siège éjectable ?
Ainsi, faisant mine d’écouter les remontées de terrain, elle annonce en cette veille de rentée, des
modifications sur le parcours différencié. Les 6 semaines étaient trop longues… passons le parcours Y à
4 semaines pour l’an prochain. Les enseignants veulent reculer les dates des examens, dont acte. Ils
n’auront plus lieu mi-mai, mais fin mai. Les résultats des épreuves de PSE ont été catastrophiques ?
Il suffira de passer la PSE en mai et de ne laisser que l’oral de projet en juin. Plus personne n’y
croit, plus personne n’adhère : « la Ministre écouterait les enseignants». Le Ministère se moque des
familles, des jeunes et des personnels, des entreprises, lorsqu’il prétend fournir, bac pro en poche,
des professionnels chevronnés.
Ce qui lui qui importe c’est faire des économies, sur le dos des plus faibles ou des moins réactifs,
en baissant le nombre d’heures de formation et en espérant ainsi récupérer des postes.
Cette politique se décline bien sûr, en Académie. Le Rectorat ne peut nommer que les entrants qu’on
lui donne. L’Académie de Poitiers n’est pas jugée par la rue de Grenelle, comme déficitaire. Donc on
peut manquer de 15 enseignants de Maths-Sciences ou de 10 en Biotechnologie, ce n’est pas grave : la
pénurie est plus importante ailleurs. Comment faire de plus en plus d’économies ? Il suffit de remplacer
les personnels par des plateformes. Un besoin de cohérence ? d’humanité ? La machine ne connait pas.
Mais pour nous, qui tous les jours parlons à d’autres humains, impossible d’imaginer une collègue
qui ferait 6h de cours à Bressuire, alors que les 18 qu’elle occupait l’an passé à La Rochelle, non
loin de son domicile, sont vacants ! Colibris, remplaçant de Lilmac a dysfonctionné sur les affectations.
Difficile alors pour les services de reprendre une à une les différentes problématiques…. Et pourtant
le temps passe et la pré-rentrée c’est demain. Lundi 1
er septembre, nombreuses seront les
heures sans enseignant…
Alors, pour le SNETAA la situation de rentrée est limpide. Comme d’habitude, dans les établissements,
les collègues accueilleront les jeunes. Ils lanceront leurs programmes, leurs projets sans rien
attendre de la haute institution, si ce n’est qu’elle n’interfère pas trop dans leur quotidien.
Les élèves de Lycée Professionnel ne sont pas des numéros. Ils ont besoin de plus d’attention que
les autres. Les PLP ne sont pas des bouche trous. Leurs postes, leurs parcours font d’eux des personnels
compétents au service des jeunes qui leur sont confiés. Pour que personne au Ministère, au Rectorat ou
dans les Corps d’Inspection ne perde cela de vue, c’est ensemble que nous pourrons porter des revendications
claires pour une voie professionnelle efficiente.
Syndiquez-vous, pour permettre au SNETAA d’être encore et toujours le 1
er syndicat de
l’enseignement professionnel.
Je compte sur vous, en vous souhaitant une « bonne » rentrée.
La Rochelle le 1er septembre 2025,
Bénédicte MOULIN, Secrétaire Académique SNETAA FO
Une année scolaire qui se termine … mais quelle année !
(journal n°234 du 5 juillet 2025)
Le dernier éditorial de l’année scolaire tente toujours de réaliser une synthèse. Chaque année a son lot de nouveautés :
réformes de la voie professionnelle version 1, puis 2, puis 3 enfin énième version pour lesquelles le SNETAA
réitère les demandes de bilans. Un jour, le vent portera nos revendications à l’oreille d’une Ministre
spécialisée sur l’Ecole et vers un véritable Haut-Commissaire à la Voie Professionnelle, qui connaissent les
tenants et les aboutissants des sujets qu’on leur a confiés. Certes, il est en poste depuis peu mais, je défie
quiconque de le nommer sans avoir besoin de réfléchir. Bref, un responsable sortant régulièrement de son bureau
pour venir jeter un œil du côté d’un atelier ou d’une salle de classe afin de découvrir à quoi ressemble un élève
génération Alpha. Juste descendre de Paris pour montrer un peu d’appétence pour le métier de ceux qui tous les
jours accueillent des adolescents désabusés et dont la mission est de les remettre à flot pour qu’ils soient
« employables ». Il prendrait ainsi conscience du fait qu’un PLP, ce n’est pas seulement un formateur. Qu’un PLP,
c’est un enseignant qui participe à l’éducation professionnelle citoyenne et culturelle de ses élèves tout en
ayant une idée de leur avenir chevillée au corps car conscient que les établissements professionnels sous statut
scolaire sont leurs derniers repères avant l’entrée dans le monde du travail.
Lors de notre CSA du 30 juin à Royan, nous avons découvert le puits sans fond du parcours Y. Encore plus
nombreux que le nombre d’établissements, les modules proposés sont sans fin : chacun y allant de sa bonne foi.
Certains collègues, malgré l’absurdité constatée de cette nouvelle réforme ont préparé un accueil pour les jeunes
de terminales susceptibles de rester dans l’établissement entre les deux tours d’examen… Pendant ce temps-là,
d’autres collègues qui passaient voir (puisque pas d’évaluation sur ces nouvelles PFMP) les terminales en entreprise
découvraient souvent que le jeune n’y était pas, ou mieux parfois, qu’il était bien en poste mais avec un contrat
d’intérim…
Les Inspecteurs Généraux sont venus faire des bilans en Mai dans certains établissements et reviendront expliquer
la substantifique moelle du parcours Y … à la rentrée… N’ont-ils pas un an de retard ? Alors le SNETAA académique
regrette la multiplication de commissions disciplinaires envers nos collègues, refuse la mise en place de stagiaires
de notre Académie dans des situations inappropriées pour passer une bonne année, n’admet pas que des IEN évaluent
pour un PPCR des collègues sur des missions de formateurs UFA. C’est quand ils ont des classes cohérentes en nombre
et en recrutement sous statut scolaire, qu’ils doivent rencontrer les IEN pour évoquer leur carrière. Le SNETAA
continuera donc de dénoncer tous les dysfonctionnements, et plus particulièrement ceux de cette fin d’année,
totalement ubuesques.
Le SNETAA, à la rentrée, accompagnera tous les collègues qui solliciteront son aide. N’hésitez donc pas à faire
connaitre le 1er syndicat de l’enseignement professionnel, par l’affichage de nos publications sur le panneau syndical,
et par notre site internet académique. N’hésitez pas, non plus, à contacter nos référents syndicaux académiques et
faites-nous part de vos positionnements en cas de problématiques.
L’année scolaire se termine. Profitez de vos vacances et surtout reposez-vous.
On se retrouve à la rentrée.
La Rochelle le 5 juillet 2025,
Bénédicte MOULIN, Secrétaire Académique SNETAA FO
Une Education Nationale, pour qui ? Pourquoi ?
(journal n°233 du 22 mai 2025)
Les jeunes accueillis dans la Voie Professionnelle sous statut scolaire seront boulangers, maçons, chauffagistes,
secrétaires, aides-soignantes, électrotechniciens, en charge de personnes, de projets, bref, à la tête de la
grande majorité des métiers qui jalonnent l’économie française au quotidien. Si l’Education se doit d’être
Nationale, c’est pour permettre à chacun d’entre eux, quelque soit son lieu de résidence, de profiter d’un
cursus identique qui le mènera vers un diplôme qualifiant.
Pour cela, une certaine stabilité ministérielle est requise afin de proposer des réformes, de les expérimenter,
d’en faire un bilan et de les ajuster à la fois aux jeunes qui nous sont confiés mais aussi au monde économique
en devenir. Il est nécessaire que les recteurs dont celui de l’académie de Poitiers puissent contacter les
instances académiques notamment pour la carte des formations. De nouvelles formations dédiées aux métiers de
demain doivent voir le jour dans des ateliers Itech et des cursus allant du CAP à la licence pro permettre à
chacun d’évoluer en fonction de son rythme et de ses envies.
Depuis la réforme de 2018 « choisir son avenir professionnel », les ministres se sont succédés, tout comme
les réformes à un rythme tel, que seul l’empilement de mesures les plus incompréhensibles les unes que les
autres, reste en mémoire. C’est ainsi que France Compétences a distribué à coup de milliards d’euros des
autorisations d’ouverture à des structures sans qu’aucun inspecteur de l’éducation nationale ne vienne jeter
un œil sur la pédagogie dispensée et sans qu’aucune commission ne vérifie les dépenses. Mais qu’à cela ne tienne,
classe politique, Notre Recteur et notre Président de région peuvent s’enorgueillir de l’augmentation du nombre
d’apprentis. Mais ils demandaient en même temps aux PLP, qui parfois devaient quitter toutes affaires cessantes
leurs élèves, de valider tous ces jeunes qui passaient ces diplômes et surtout de fermer les yeux sur quelques
entorses dans la procédure, comme valider des candidats qui n’avaient visiblement pas le niveau de l’examen pour
lequel ils se présentaient, ou qui victimes, arrivaient devant un jury avec des documents inadaptés.
Et puis est arrivée la dernière réforme qui a introduit le parcours Y dans les classes de terminales. Elle
a démultiplié l’autonomie dans le fonctionnement des établissements, puisqu’aujourd’hui le constat est simple :
aucun établissement ne met en place cette réforme de la même manière.
Reçu au Ministère par deux fois cette année et à l’Assemblée Nationale par une commission Flash de
parlementaires, le SNETAA dénonce ces réformes à l’emporte pièces. Le SNETAA rencontrera le Recteur de notre
Académie et c’est pourquoi chacun doit rester mobilisé pour informer le SNETAA national de ce qui se joue sur
le terrain ou demander des explications à la région Nouvelle-Aquitaine sur le délabrement en cours de nombreux
ateliers. Restons en lien à travers les différentes réunions que l’équipe académique met en place pour permettre
à chacun de s’informer sur l’actualité des PLP. C’est comme cela, unis que nous porterons encore et toujours les
valeurs et les mandats du SNETAA.
J’espère ainsi vous retrouver nombreux lors du prochain conseil académique le 30 juin
La Rochelle le 22 mai 2025,
Bénédicte MOULIN, Secrétaire Académique SNETAA FO
Que personne ne s’inquiète, l’Administration de l’Education Nationale a la solution !
(journal n°232 du 15 mars 2025)
En cette rentrée de vacances c’est l’horreur qui a touché les collègues du lycée Merleau Ponty de Rochefort et
ceux du collège de Saujon, qui a été rapportée en CS Académique de repli du 10 03 2025. Ils ont découvert
sur les murs de leur établissement des tags antisémites et des propos d’une telle violence qu’ils sont impossibles
à imaginer sur n’importe quels murs et encore moins sur ceux d’établissements scolaires. Sans aucun doute le climat
politique international actuel, y est pour beaucoup. Bien évidemment le SNETAA ne peut que soutenir la plainte déposée.
Notre syndicat depuis des années rappelle aux différents Ministres qui se sont succédés qu’il est nécessaire de
former des professionnels citoyens. Ce n’est pas l’histoire d’un syndicat qui veut coûte que coûte sauver des postes
de PLP. C’est l’analyse d’un syndicat ancré dans la société qui l’entoure et qui se souvient des mots de Victor Hugo
« Chaque enfant qu’on enseigne est un Homme que l’on gagne ». Mais que l’on gagne sur quoi ? Eh bien sûr un obscurantisme
qui un beau matin montre qui il est, sur les murs d’établissements scolaires.
Supprimer des heures d’enseignement général à des jeunes qui socialement n’ont pas l’égalité culturelle promise par
la République, c’est laisser les nouveaux prédicateurs faire sens pour ceux qui sans comparatif, sans référence, sans modèle,
s’accrochent à ce qui est mis à leur disposition tous les jours. De réseaux sociaux en émissions d’animation soi-disant
politiques comment arriver à faire la part des choses sans l’apprentissage aux décryptages des médias ?
Les élèves qui nous arrivent sont des jeunes sans défense face aux médias. C’est le dernier qui a parlé qui a raison,
ou mieux, celui qui a le plus fait rire, sans analyse aucune de la portée des propos.
Quand nous sommes entrés dans ce métier, l’idée d’enseigner pour tous les PLP était bien celle d’aider la société de
demain en permettant d’amener à maturation des esprits. Il est de notre devoir d’élever intellectuellement les jeunes qui
nous sont confiés et de lutter contre tous les déterminismes.
Quand le pass culture (collectif) est supprimé du jour au lendemain, c’est pour tous les jeunes des Lycées professionnels
une véritable catastrophe car souvent les seules sorties culturelles se faisaient avec l’Etablissement.
La violence se présente dans la société quand il n’y a plus de mots et c’est à l’Education Nationale de donner du temps
et du sens dans la formation des enfants afin que le poids des mots, la subtilité du langage et la nécessité de l’analyse
des discours évitent les actions condamnables découvertes sur les murs des établissements scolaires de notre Académie.
C’est pourquoi au SNETAA, nous continuons tous les jours de défendre les jeunes qui nous sont confiés à travers le respect
du statut spécifique des PLP.
La solution c’est aussi l’affaire des personnels.
La Rochelle le 15 mars 2025,
Bénédicte MOULIN, Secrétaire Académique SNETAA FO
En ce début d’année, avec l’équipe académique...
(journal n°231 du 21 janvier 2025)
En ce début d’année politiquement chaotique, toute l’équipe du SNETAA vous présente ses meilleurs vœux
pour 2025. Que cette année vous apporte santé, bonheur, conditions de travail supportables et un portefeuille
plutôt bien garni. C’est sans doute, de tout cela que voulait parler notre nouvelle Ministre lors de son discours
d’investiture lorsqu’elle a rappelé qu’elle savait gérer un budget et qu’elle ne prenait aucune décision sans
concertation. Au SNETAA, ce n’est pas tout à fait ce que nous avions en mémoire.
Si cet édito avait été écrit la semaine dernière, il aurait évoqué la suppression de 4000 postes et la mise en
place du fameux décret sur l’obligation d’obtenir le DNB pour entrer en seconde. Depuis des mois le SNETAA s’opposait
à cette mesure. Saluons donc, ce mandat qui était le nôtre de tuer dans l’œuf une telle aberration. Mais après ce coup
politique, l’épée de Damoclès est toujours au-dessus de nos têtes, d’autant que la Ministre a rappelé tout l’intérêt
qu’elle portait à la réforme de la voie professionnelle. Il faut garder en mémoire que Mme Borne, Ministre du travail,
a fortement poussé au développement de l’apprentissage et que lors de son passage à Matignon, Carole Grandjean était
en charge de la voie pro. Aujourd’hui, sans Ministre délégué et dans cet immense ministère qui va de la maternelle au
Bac plus 12, qui va défendre les intérêts des personnels de lycée professionnel ?
Plus que jamais, il va falloir être sur le terrain. Dans notre Académie, les structures devraient arriver dans les
établissements cette semaine. N’hésitez pas à les demander à votre équipe de direction qui doit vous les fournir. Si
vous souhaitez qu’elles soient recalculées, contactez Henriette MEUNIER ou Jean-Luc GERMANEAU.
Un autre pan de la réforme de la voie pro, fait enfin parler de lui :
le fameux « parcours Y », exemple
inconditionnel de la réforme. Le SNETAA, aux détours des heures d’informations syndicales, découvre des établissements
où les EDT seront refaits, alors que dans d’autres, rien ne bougera. Découverte aussi de chefs d’établissement qui
oublient que le choix du parcours n’est pas du tout en lien avec l’inscription à Parcoursup et qui poussent les élèves à
rester au lycée. Certains expliquent que les enseignants de seconde et de première seront les plus sollicités pour les
surveillances puisque ceux de terminales travailleront avec les jeunes sur leur avenir ou les visiteront en PFMP.
Le SNETAA ne peut que dénoncer lors des instances, lors de rendez-vous ou d’audiences avec le Rectorat, une mise
en place à veau l’eau de ce parcours Y. D’autant que seule la DGESCO de son bureau ministériel peut un instant croire
qu’une fois l’intégralité des examens passée, les jeunes reviendront une semaine supplémentaire pour boucler. Mais boucler
quoi au juste ? Une année de terminale qui prend fin en toute logique avec les examens ? Une prise en charge par des
enseignants qui seront convoqués pour les corrections ? Des entreprises qui auront commencé leur recrutement d’intérimaires
pour la saison ?
Le SNETAA alerte depuis des mois. Cette réforme de la voie professionnelle et surtout ce parcours Y sont des inepties
qu’il nous faut dénoncer et combattre. C’est pourquoi nous avons besoin de vos retours. Les retours des syndiqués sont
toujours la source dans laquelle puise le SNETAA. Être
adhérent, c’est faire valoir ses droits, mais aussi faire en
sorte que les jeunes qui nous sont confiés ne soient pas spoliés.
En ce début d’année, vous êtes nombreux à renouveler votre adhésion et l’ensemble de l’équipe académique vous remercie
pour la confiance que vous lui portez. Alors n’hésitez pas, envoyer votre bulletin et profitez des 66% de crédit d’impôt,
qui nous sont encore octroyés !
La Rochelle le 21 janvier 2025,
Bénédicte MOULIN, Secrétaire Académique SNETAA FO